Mon ex-stérilet au cuivre (DIU)

L’aventure fut courte mais intense, trop intense pour moi.

Aout 2018, voulant commencer Roaccutane (traitement fort contre l’acné), il me fallait une contraception plus fiable que le préservatif car l’isotrétinoïne contenu dans Roaccutane est tératogène  « c’est-à-dire à l’origine de malformations fœtales, et responsable d’effets secondaires plutôt gênants ».
Les effets secondaires de la pilule : je n’en pouvais plus, alors sur les conseils d’une amie en portant un (son témoignage plus bas 🙂 ), je me suis tournée vers le stérilet au cuivre.

DIU au cuivre

Disclaimer

En dépit de tout ce qui va suivre, à titre personnel, je conseille toujours le DIU au cuivre et considère que c’est une des meilleures contraceptions à ce jour.

Le stéri-quoi ?

Le DIU ou Dispositif Intra-Utérin (ou Stérilet, mais qui ne rend pas stérile donc on préfèrera utiliser le terme DIU) est un petit truc en forme de T qu’un gynéco/sage-femme insère dans l’utérus comme son nom le laisse entendre 🙂
Il en existe au cuivre, comme celui que j’avais ou aux hormones.
En gros, celui au cuivre rend les spermatozoïdes inactifs et l’hormonale épaissit les sécrétions du col de l’utérus, les spermatozoïdes ne peuvent plus passer.
Plus d’infos ici

Les gros avantages

Type de contraceptionEfficacité
Implant99,9%
DIU hormonal ou Stérilisation masculine99,8%
Stérilisation féminine99,5%
DIU au cuivre99,2%
Contraceptif injectable94%
Anneau vaginal92%
Pilule ou Patch91%

Efficacité

Si on parle efficacité pratique c’est à dire mesurée dans la vie de tous les jours avec les erreurs, les oublies,… On arrive à 99,2% pour celui au cuivre et 99,8% pour l’hormonale, voilà de quoi nous mettre d’accord sur l’intérêt qu’on devrait y porter.
La pilule et le préservatifs étant loiiiin derrière…
Le tableau ci-contre est issu de l’État des lieux des pratiques contraceptives et des freins à l’accès et au choix d’une contraception adaptée par la Haute Autorité de Santé (Avril 2013).
Voir le tableau complet

Et les autres

À côté de ça on peut parler du prix, car c’est remboursé !

C’est très pratique : une fois posé, il n’y a plus RIEN à faire et on est tranquille pour des années !
Pas d’ordonnance de pilule à aller chercher chez son médecin, pas de pilule à récupérer à la pharmacie, pas à penser à la prendre tous les soirs (ou presque), on a l’esprit tranquille !

La pose et le retrait sont des actes plutôt simples, réalisé par un gynécologue, une sage-femme dans un cabinet ou au planning familial.

La pose

J’ai la chance d’avoir un bon gynécologue (après en avoir consulter beaucoup) qui m’a pris en charge. Lors de la première consultation, il m’a expliqué tout le fonctionnement et comment allait se passer la pose, ainsi que l’ordonnance pour récupérer le DIU et les anti-douleurs.

La pose se fait de préférence lors des règles pour que le col de l’utérus (par là où on va passer le DIU !) soit ouvert.
J’étais à la sortie d’un traitement avec hormone, je n’avais pratiquement plus mes règles.
Je prends donc les anti-douleurs qui m’avait été prescrit pour éviter les douleurs trop important pendant et après la pose. J’y vais, mais malheureusement mon col n’était pas assez ouvert, il a dû l’ouvrir à l’aide d’une pince de Pozzi, horriblement douloureux … Je pense que la pose aurait pu être beaucoup plus supportable sans.
Martin Winckler en parle ici :

Les médecins français ont la mauvaise habitude, pour poser un DIU, de saisir le col avec une pince de Pozzi, une horreur terminée par deux crochets pointus. (En Angleterre, on utilise des pinces à extrémité plate.) La pose de la Pozzi peut être source d’une vive douleur, en particulier chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant,

La pose donc n’est pas censée être vraiment douloureuse mais plutôt inconfortable 🙂

Le chemin du retour

De suite après la pose ça allait plutôt bien, des petites crampes de règles seulement, j’ai pu repartir directement (parfois quand ça ne va pas, ils vous gardent 10/15 min avant de vous laisser sortir).
Mon amie m’accompagnait, comme je l’avais accompagnée à la pose du sien 😉 Et oui il vaut mieux être accompagnée pour le soutien psychologique et physique.
On a donc pris le métro, puis arrivées sur le quai du RER j’ai commencé à me sentir mal comme lors d’une chute de tension, on était 15min après la pose. On monte dans le RER, ça va de moins en moins bien, je m’allonge sur plusieurs sièges et puis j’ai malheureusement délivré le contenu de mon estomac (heureusement que je traîne toujours un sac de course dans mon sac à main)… Le trajet était court, mon amie m’a accompagné jusqu’à mon appartement, je me suis allongée … pendant 6 semaines.

Après la pose

C’était il y a plus d’un an alors ma mémoire n’est plus très claire néanmoins, j’ai le principal.
J’ai eu mal comme si j’avais mes règles pratiquement tout le temps et je perdais du sang tout le temps. Et « tout le temps » ici fait référence au temps entre la pose et le retrait, c’est à dire environ 6 semaines.

Je suis restée allongée, j’étais au chômage et bien heureusement. Je pouvais quand même me déplacer mais avoir mal H24 et perdre du sang, ça fatigue.
J’étais en contact par e-mail avec mon gynéco, j’ai repris RDV, il m’a prescrit du Spotof pour arrêter les saignements, sans grand changement. On a dû se rendre à l’évidence, j’étais intolérante au cuivre ou au DIU (car tout le reste était ok), on a décidé du retrait.

Le retrait

Ce qui est bien dans cette histoire c’est qu’au moins je peux vous raconter le retrait 🙂
Dans la même position qu’à la pose, il me demande de tousser, tire sur le fils et hop l’histoire était réglée ! Pas douloureux !
Quelques secondes après, j’ai commencé à avoir des grosses crampes, il m’a laissé le temps que je voulais pour me remettre, après quelques minutes j’étais debout, je suis rentrée chez moi.

Bye bye les douleurs et les saignements, tout était rentré dans l’ordre !! J’y croyais à peine !
Au détail près que je n’avais toujours pas de contraception pour commencer Roaccutane… Je vous conterai cette aventure contre l’acné dans un prochain article en cours d’écriture 🙂

Pour conclure

C’était donc bien l’enfer pour moi, vous l’aurez compris mais je ne regrette absolument pas d’avoir tenté, je l’aurais fait un jour ou l’autre.
Renseignez-vous (ici je n’ai que survolé le sujet), trouvez un bon praticien, et une décision sur votre contraception en connaissance.
Pour finir, comme précisé dans le Disclaimer, je considère toujours le DIU au cuivre comme l’une des meilleures contraception en terme d’efficacité, de prix, de confort d’esprit,…

Autre témoignage

Voici le témoignage de mon amie qui a eu une bonne expérience avec ses DIU :

La contraception a toujours été pour moi un problème important dans ma vie. N’ayant aucune envie d’enfants (et très peur des dénis de grossesse), ne me protéger qu’avec un préservatif était pour moi tout simplement inenvisageable. Après un rendez-vous gynécologique, je me suis donc retrouvée avec la pilule, seule option proposée par le médecin. Mais celle-ci s’est vite avérée ne pas me convenir : effets secondaires et surtout, oublis réguliers. J’ai donc décidé de me renseigner sur un autre moyen de contraception, sans hormones de préférence, et me suis intéressée au DIU au cuivre. Après avoir eu l’ordonnance et un rdv au planning familial pour la pose, ma nouvelle vie pouvait commencer !

Note importante : ne vous laissez pas impressionner par la taille de la boîte du DIU, c’est parce que tout le matériel nécessaire se trouve également à l’intérieur.

La pose s’est passée extrêmement bien pour moi. La gynécologue m’avait conseillé de prendre 2 spasfons ainsi qu’un ibuprofène une heure avant (je n’ai pris que les spasfons).
Avant la pose, la gynéco m’a montré le DIU et m’a demandé si j’avais des questions, puis nous sommes passées à la pose en elle-même. Je n’ai pas eu mal du tout, j’ai juste senti un léger pincement lors de l’ouverture des branches. Je pense cependant que j’étais tellement euphorique à l’idée d’une contraception fiable et figée pendant 5 ans, que j’en suis devenue insensible à la douleur.
L’après-midi même et les deux jours suivants, j’ai eu de légères crampes mais rien de bien méchant.
J’ai malheureusement dû l’enlever au bout de 2 ans seulement, car celui-ci rendait mes règles beaucoup trop abondantes (10 jours de règles TRÈS abondantes sur des cycles de 25 jours), et je devais prendre un traitement pour le fer en continu. J’ai donc opté pour un DIU hormonal, pour lequel j’étais plutôt hostile au début, du fait des hormones. Mais après discussion avec le gynéco, il m’a indiqué que, l’effet étant très local, la dose d’hormones était minime.

Je me suis donc rendue au rendez-vous pour le retrait du DIU au cuivre, et pose de l’hormonal dans la foulée. Encore une fois, cela s’est très bien passé.
Le retrait a été indolore, et la pose, similaire à la première. Certes, les sensations ne sont pas très agréables, mais rien de bien douloureux.
Il faut savoir que le corps peut réagir de différentes manières lors du retrait, et la pose d’un nouveau est parfois impossible dans la foulée, le corps ayant des spasmes incontrôlés.
Malheureusement, ce deuxième DIU a été un nouvel échec pour moi, réagissant trop aux hormones : j’ai perdu toute ma libido (j’ai eu autant de rapports en un an qu’en deux semaines en temps normal) et j’ai dû suivre un traitement contre l’acné.
Le gros point bonus était que je n’avais plus mes règles ! Après un an, j’ai donc à nouveau enlevé ce DIU et je pars désormais sur une éventuelle ligature des trompes !

En conclusion, même si cela n’a pas été une réussite pour moi sur le long terme, je pense que le stérilet est THE contraception pour celles pouvant le tolérer !

Le mot de la fin

Pensez DIU, vous ne serez pas déçus !

Sylvia, Janvier 2020 😉

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, partagez en commentaire vos expériences, avis et vos questions, ça sera un plaisir de vous répondre !
Et à bientôt pour un nouvel article 🙂

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